À l’occasion d’une causerie éducative organisée ce dimanche 25 octobre 2026 à la mairie de Matoto, l’ONG Alliance Global pour la Santé et l’Éducation a mobilisé des femmes et des hommes autour de la prévention des cancers du sein et du col de l’utérus. Une initiative qui privilégie l’information de proximité pour déconstruire les préjugés et encourager le dépistage précoce.
Informer pour prévenir, sensibiliser pour sauver des vies. C’est autour de cette ambition que s’est articulée la causerie éducative organisée par l’ONG Alliance Global pour la Santé et l’Éducation à la mairie de Matoto. Au-delà des messages de sensibilisation habituels liés à Octobre Rose, l’initiative a fait le choix de rapprocher les informations médicales des communautés, notamment des femmes qui disposent parfois de peu d’occasions d’accéder à ces connaissances.
Au cœur des échanges : les moyens de prévention, les signes d’alerte et l’importance du dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus. Les participantes ont notamment été sensibilisées à l’autopalpation mammaire, une pratique qui permet de repérer certains changements inhabituels et de consulter rapidement un professionnel de santé.

« On leur a expliqué comment faire l’autopalpation, comment diviser le sein en quatre quadrants et comment rechercher la présence éventuelle d’une boule ou d’un changement d’aspect », a expliqué la docteure Saran Kaba, présidente de l’ONG Alliance Global pour la Santé et l’Éducation.
La sensibilisation a également porté sur les signes qui doivent conduire à une consultation médicale, notamment les saignements anormaux en dehors des règles. Pour la responsable de l’organisation, le dépistage demeure un levier essentiel dans la lutte contre ces maladies, dont les conséquences peuvent être aggravées par une prise en charge tardive.
L’une des particularités de cette activité réside dans son approche communautaire et le recours à la langue nationale soussou pour faciliter la compréhension des messages. L’objectif est de rendre l’information accessible à des femmes souvent éloignées des espaces traditionnels de sensibilisation, notamment celles qui exercent des activités dans les marchés.

Wodya Kourouma, membre de l’organisation, explique cette orientation par la nécessité d’élargir les publics concernés. Après une première initiative axée sur la danse rose à l’Université Kofi Annan, l’ONG a souhaité toucher une cible différente, au-delà des étudiantes.
« La causerie éducative en langue nationale, plus précisément en soussou, pourrait permettre aux femmes de s’informer sur tout ce qui concerne le cancer du sein, sans oublier le cancer du col de l’utérus », souligne-t-elle.
Cette approche a également permis d’aborder une réalité encore méconnue : le cancer du sein peut aussi toucher les hommes. Pour les organisateurs, la lutte contre ces maladies passe donc par une information inclusive, capable de mobiliser les familles et l’ensemble de la communauté.
Au terme des échanges, les organisateurs ont constaté une participation active des bénéficiaires. Les réponses apportées aux questions portant sur les mythes et les tabous entourant les cancers ont notamment permis d’apprécier leur niveau de compréhension des messages transmis.

Présent à cette rencontre en qualité d’ambassadeur de la causerie éducative, Abou Nabé a salué la mobilisation des participants, qu’il considère comme un indicateur de l’importance de telles initiatives auprès des communautés.
« Nous avons compris que derrière cette mobilisation, nos mamans et nos sœurs ont besoin de ces causeries communautaires », affirme-t-il, avant de lancer un appel aux partenaires et aux personnes de bonne volonté pour accompagner l’ONG.
Pour lui, l’enjeu dépasse le cadre d’une seule activité. Il s’agit de soutenir la multiplication de ces actions dans les différentes communes du pays afin de renforcer durablement la sensibilisation.
« Il n’y a pas d’homme sans femme, il n’y a pas de pays sans femme. C’est une bonne cause qu’il faut accompagner sans regret », insiste-t-il.
Un appel qui met en évidence l’importance des partenariats dans la lutte contre les cancers féminins, particulièrement pour les organisations qui portent des actions de terrain avec des moyens limités.

Pour Kadiatou Keita, bénéficiaire de cette initiative, la pertinence de la rencontre tient notamment au choix du public ciblé. Elle estime que les femmes qui fréquentent les marchés et disposent de peu de moyens d’information doivent être davantage prises en compte dans les campagnes de sensibilisation.
« Aujourd’hui, on a touché une cible qui est parfois négligée et qui pourtant est une cible principale. Les mamans sont dans les marchés, elles n’ont pas toujours beaucoup de connaissances ni de moyens, et elles ne savent pas forcément quoi faire », témoigne-t-elle.
Au-delà des connaissances acquises, elle retient la possibilité pour les participantes de retransmettre les informations à leur entourage. Une dynamique de sensibilisation par les communautés elles-mêmes, susceptible d’élargir la portée des messages de prévention.
À Matoto, cette causerie éducative rappelle ainsi que la lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus ne peut reposer uniquement sur les structures sanitaires. Elle nécessite également une information accessible, une mobilisation communautaire et un accompagnement des initiatives de proximité.
Baldé Diganais pour greenmedias.com





