À l’heure où les États modernes se construisent aussi sur la maîtrise de leur mémoire, la Guinée amorce un tournant stratégique. À l’occasion de la Semaine internationale des archives, la Direction nationale des archives a réuni, ce mercredi 10 juin 2026, les responsables archivistiques des départements ministériels autour d’un objectif clair : structurer, moderniser et digitaliser durablement le système archivistique national.
Derrière cette rencontre, un message fort : les archives ne sont plus de simples documents endormis dans des bureaux administratifs. Elles deviennent un levier de gouvernance, de transparence et de justice.
À la tête des échanges, le Directeur national des archives, Saïkou Amadou Diallo, a posé les bases d’une ambition déjà en marche. Cette concertation n’est pas un point de départ, mais une étape dans un processus engagé pour donner à la Guinée une véritable politique nationale des archives.
« Il ne s’agit pas seulement de célébrer cette semaine internationale, mais de bâtir un cadre solide. Nous travaillons à l’élaboration d’un manuel de procédures pour harmoniser et professionnaliser la gestion des archives à l’échelle nationale », a-t-il expliqué.
Un chantier stratégique, dans un pays où la gestion documentaire reste encore inégale selon les institutions.
Le Directeur a également tenu à rappeler une réalité souvent méconnue : en Guinée, la gestion des archives publiques comme privées relève exclusivement de la Direction nationale des archives, sous la tutelle du ministre secrétaire général de la Présidence de la République.
Une précision loin d’être anodine. Elle vise à renforcer la cohérence institutionnelle et à éviter les dispersions dans la gestion des données administratives.
Mais au-delà du cadre réglementaire, c’est bien la modernisation du système qui est au cœur des priorités. La Guinée s’engage progressivement dans une transition vers des archives numériques, avec une ambition affichée : parvenir à une numérisation complète des archives administratives d’ici 2027.
Un objectif ambitieux, mais stratégique.
« Nous évoluons vers une transformation digitale des archives. Cela exige une vision claire, des outils adaptés et une coordination forte. La politique nationale des archives sera notre boussole », a insisté Saïkou Amadou Diallo.
Dans un contexte où la donnée devient une richesse stratégique, la digitalisation des archives représente un levier majeur pour l’efficacité administrative, la traçabilité et la prise de décision.
Placée sous le thème international « Les archives au service de la justice », cette rencontre a également mis en lumière le rôle crucial des archives dans le fonctionnement de l’État de droit.
Sans archives fiables, pas de justice crédible.
« On ne peut pas parler de justice sans archives. Elles garantissent la preuve, la mémoire et la continuité de l’action publique », a rappelé le Directeur.
Un message en parfaite résonance avec les priorités actuelles des autorités guinéennes, qui placent la justice au cœur de leur action.
Au-delà des discours, cette initiative traduit une volonté claire : faire des archives un pilier du développement institutionnel. Car préserver la mémoire administrative, c’est aussi sécuriser l’avenir.
En renforçant la collaboration avec les ministères et en accélérant la modernisation du secteur, la Guinée pose les bases d’un système archivistique plus robuste, plus cohérent et résolument tourné vers le numérique.
Baldé Diganais Journaliste Greenmedias.com






