Il faut rappeler à certains que le droit de s’abstenir est un principe fondamental de toute démocratie. Dans toutes les grandes démocraties du monde, l’abstention est reconnue comme une expression politique légitime.
Même au sein des institutions : dans les parlements, lorsqu’une loi est soumise au vote, un député peut voter pour, contre ou s’abstenir. L’abstention n’est ni une faute, ni une trahison ; elle signifie simplement un désaccord ou un refus de cautionner.
En France, aux États-Unis, en Allemagne ou au Ghana, des millions de citoyens choisissent de ne pas voter lorsqu’ils estiment que le processus est biaisé ou que leurs libertés sont menacées. Personne ne remet en cause leur citoyenneté pour autant.
En ce qui nous concerne, ne pas voter est un choix conscient et politique, motivé par le refus de la confiscation des libertés, par l’injustice et par l’arrestation arbitraire d’un vieillard. Dire que ceux qui font ce choix ne sont pas des Guinéens est non seulement faux, mais dangereux.
Cette logique rappelle une époque sombre où Sékou Touré qualifiait de “traîtres” tous ceux qui s’opposaient aux tueries et aux abus. L’histoire nous a appris où mène ce genre de discours.
Qu’on le veuille ou non, nous souffrirons peut-être, mais nous ne cautionnerons jamais l’injustice. Refuser de participer à un système injuste est aussi un acte de patriotisme.
Bella BAH
Activiste très indépendant






