La force motrice de toute industrie cinématographique réside dans la puissance de sa production.
En tant que producteur et acteur engagé de l’industrie cinématographique guinéenne, je considère qu’il est impossible de parler de cinéma sans parler de production.
Pour moi, Parler de cinéma sans parler de production, c’est comme parler d’électricité sans source d’énergie. Rien ne s’allume, rien ne vit !!!
Parler de cinéma sans parler de production, c’est comme parler d’agriculture sans sans semences. Rien ne pousse !!!
Aucune industrie cinématographique au monde n’a émergé sans une base solide de production régulière, structurée et soutenue.
La production, c’est le cœur battant du cinéma. Sans elle, tout le reste — acteurs, festivals, institutions, critiques, scénaristes, réalisateurs etc…. — n’est qu’un décor sans vie.
La production, c’est la clé de toute industrie cinématographique.
Partout dans le monde, les nations du cinéma se distinguent par leur volume de production.
– Hollywood (USA) tourne en moyenne 700 films par an,
– Nollywood (Nigeria) plus de 2 500, et
– Bollywood (Inde) dépasse les 3 000.
Chaque tournage est une école, un marché et une opportunité.
Plus on produit, plus on apprend, plus on grandit.
Car produire, c’est non seulement créer de la culture, mais aussi générer de la valeur économique et sociale.
Quand on ne produit pas, on n’existe pas.
En Afrique francophone, la majorité des pays produisent moins de 10 longs métrages par an.
En Guinée, malgré un potentiel artistique et humain immense, la production reste encore irrégulière et fragile.
Résultat : peu de films, peu de carrières durables, et une absence sur les grandes plateformes et festivals internationaux.
Pour moi il est évident, qu’on ne construit pas une industrie cinematographique sur des intentions, mais sur des plateaux qui tournent.
En réalité, Produire, c’est investir dans le réel
Un film n’est pas seulement une œuvre d’art : c’est une entreprise temporaire qui fait vivre des dizaines de personnes.
Un long métrage africain par exemple, mobilise souvent 30 à 100 emplois directs, et son impact économique global peut atteindre 10 000 à plus 200 000 dollars.
Chaque tournage, même modeste, fait bouger l’économie locale : hôtels, transports, restauration, technique, communication, emplois, taxes…
C’est pourquoi des pays comme le Rwanda, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire et tout récemment la Guinée ont lancé des fonds nationaux pour soutenir la production.
Produire, c’est créer du travail et affirmer une souveraineté culturelle.
C’est en comprenant cette logique que chez VIZOORI Production nous avons choisi de faire de la PRODUCTION le cœur de notre stratégie.
Depuis les 4 derniers mois, à travers la série événement « Révélations », nous sommes à notre quatrième plateau de tournage…Durant cette période nous avons produit : BELLE-MÈRE, SAFY, INFIDÈLE et bientôt INFLUENCEUSE…autant de créations qui témoignent d’une vision claire : passer du discours à l’action.
Ma conviction en tant qu’acteur de cette industrie est la suivante :
« Une industrie ne se construit pas avec des intentions, mais avec des productions concrètes et continues… »

Une industrie, c’est une chaîne de valeur
Au-delà de tout, une véritable industrie cinématographique ne repose pas sur un seul maillon, mais sur une synergie de tous les acteurs :
les producteurs, les scénaristes, les réalisateurs, les techniciens, les acteurs, les distributeurs, les médias, les institutions, les formateurs et les investisseurs.
Chacun joue un rôle vital.
Quand cette chaîne est alignée, le cinéma devient une force économique et culturelle.
Mais quand elle est fragmentée, tout s’effondre.
C’est cette vision intégrée que nous devons construire en Guinée : une industrie où chaque acteur trouve sa place, sa valeur et son avenir.
La Guinée a tout, sauf la régularité
Les talents sont là. Les histoires sont riches. Les paysages sont uniques.
Ce qui manque, c’est la continuité dans la production — produire chaque année, professionnaliser les équipes, structurer la chaîne de valeur.
Avec 20 films et séries par an, la Guinée pourrait créer plus de 1 000 emplois directs, faire émerger une nouvelle génération de créateurs et se positionner sur la carte du cinéma africain.
Produire, ou disparaître
Un pays sans production cinématographique reste spectateur de son propre destin.
La renaissance du cinéma guinéen ne viendra pas des slogans, mais des tournages, des studios actifs, des caméras qui racontent nos réalités.
Produire, c’est résister à l’oubli.
Produire, c’est construire la mémoire collective d’un peuple.
Produire, c’est exister.
Sans production, pas de cinéma. Et sans cinéma, pas de nation qui se raconte.
Par Souleymane BAH, MBA en Direction des Entreprises Audiovisuelles / Producteur & Directeur Général de VIZOORI Production







