En Guinée, l’électricité n’est plus seulement une question de développement : elle est devenue un luxe, parfois même un sujet de tensions quotidiennes entre colocataires. Dans la commune urbaine de Manéah, plus précisément au quartier Gomboyah, des familles entières subissent une injustice flagrante. Plusieurs appartements se partagent un seul compteur prépayé. Oui, un seul.
Lors de l’installation de ces compteurs, les techniciens avaient promis de revenir équiper chaque logement (appartement). Promesse oubliée, oubliée comme tant d’autres dans notre pays. Résultat : certains ménages, dotés de nombreux appareils électroménagers, font exploser la consommation… pendant que leurs voisins (colocataires), qui n’ont presque rien, paient la même facture. À rappeler que avant ces compteurs prépayés ne soient installés, les factures étaient de 200 000 GNF à 250 000 GNF par mois dans d’autres concessions et maintenant ces même personnes se retrouvent avec des factures qui varient de 450 000 à 550 000 GNF par mois. Un calvaire inédit.
Cette situation absurde engendre des disputes, des rancunes et pire encore, une perte de confiance envers ceux qui sont censés servir les citoyens. Les familles modestes, déjà écrasées par le coût de la vie, se voient contraintes de payer pour une consommation qui n’est pas la leur.
Il est temps de rappeler à la société en charge de la distribution d’électricité que la dignité des citoyens n’est pas négociable. Tenir ses engagements n’est pas un luxe, c’est une obligation. L’accès équitable à l’électricité est un droit, pas un privilège réservé à quelques-uns.
Chaque jour qui passe sans solution est une humiliation pour ces familles. Et dans ce silence électrique, ce sont les voix des oubliés qui devraient gronder le plus fort.
La question qu’il faille se poser : Que passerait-il si rien n’est fait ?
Par Baldé Elhadj Ousmane journaliste greenmedias.com