À Siguiri, l’eau n’est plus seulement une ressource vitale : elle est devenue un danger mortel. Ces derniers jours, la rivière Nanko, gonflée par des pluies torrentielles, a quitté son lit pour engloutir des quartiers entiers. Des maisons submergées jusqu’aux toits, des commerces dévastés, des familles contraintes de fuir avec pour seul bagage ce qu’elles peuvent porter… Voilà le nouveau visage de la catastrophe.
Les images parlent d’elles-mêmes : rues transformées en torrents furieux, bâtiments effondrés, enfants piégés dans des zones inaccessibles. Derrière ces scènes de désolation, il y a une vérité qui dérange : ce drame n’est pas seulement l’œuvre de la nature. C’est aussi le résultat de notre imprévoyance, de notre gestion chaotique de l’environnement et de l’absence criante d’infrastructures adaptées.
Pendant que les autorités parlent de « situation exceptionnelle », les habitants, eux, vivent un cauchemar bien réel. Les systèmes de drainage sont inexistants ou bouchés, les constructions anarchiques se multiplient dans les zones inondables, et la déforestation accélère la vulnérabilité du sol.
Face à cette tragédie, nous ne pouvons plus nous contenter de panser les plaies après coup. Il faut agir en amont :
1. Mettre en place un véritable plan d’aménagement urbain tenant compte des zones à risque.
2. Investir dans des infrastructures de drainage modernes.
3. Renforcer la sensibilisation sur la gestion durable de l’environnement.
Les habitants de Siguiri ne doivent pas être condamnés à vivre dans la peur permanente de la prochaine pluie. Nous avons le devoir d’agir pour que la rivière de Nanko reste une source de vie et non une menace.
Tant que nous traiterons ces inondations comme de simples « accidents climatiques », nous en serons complices. Le changement commence par la volonté. La question est : qui aura le courage d’agir maintenant, et non après la prochaine catastrophe ?
Par: Elhadj Ousmane Baldé