Des milliers de citoyens ivoiriens se sont rassemblés dans les rues d’Abidjan le 9 août 2025 pour exprimer leur désaccord face à la candidature du président en exercice, Alassane Ouattara, pour un quatrième mandat. Les protestataires, qui venaient de divers quartiers de la ville, ont scandé des slogans dénonçant l’exécutif. « Ensemble avec toi, pour que justice, équité et vérité redeviennent les fondements de notre République », « Interdire à un candidat de se présenter est un affront à la démocratie ». C’étaient là quelques-uns des cris entendus dans les rues d’Abidjan.
Cette mobilisation a été organisée par un front commun regroupant les deux principales formations de l’opposition, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI).
Au coeur des revendications des manifestants, la réintégration de plusieurs figures de l’opposition sur les listes électorales en vue de l’élection présidentielle du 25 octobre. Parmi elles, on retrouve Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, dont les candidatures ont été invalidées.
La décision de la justice d’exclure plusieurs opposants de la course présidentielle a cristallisé la colère et les tensions en Côte d’Ivoire, un pays déjà déchiré par une crise post-électorale dramatique il y a près de quize ans. Le dirigeant du PDCI, Tidjane Thiam, s’est vu refuser sa candidature pour des questions de nationalité, tandis que l’ancien président Laurent Gbagbo, à la tête du PPA-CI, a été écarté en raison d’une condamnation pénale.D’autres figures politiques majeures sont également concernées, comme l’ancien Premier ministre en exil Guillaume Soro et Charles Blé Goudé, ex-bras droit de Gbagbo, tous deux exclus pour des motifs similaires. Ces invalidations sont perçues par l’opposition comme des manoeuvres destinées à affaiblir la démocratie.
Ces dernières semaines, la situation politique en Côte d’Ivoire a connu un notable durcissement, marqué par une série d’interpellations de membres du PDCI et du PPA-CI. Ces interpellations sont dénoncées par l’opposition, qui les qualifie d’« enlèvements » et de « harcèlement ».
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