KINDIA– « La presse guinéenne travaille dans le désordre« . C’est le constat accablant du président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, lors d’une rencontre ce jeudi 24 juillet 2025 à Kindia avec les journalistes et correspondants locaux.
Au cours de cette réunion, où il a détaillé les 18 recommandations générales du Forum sur l’avenir de la presse en Guinée (tenu du 19 au 21 mai 2025) et le contenu de la convention collective des journalistes, Boubacar Yacine Diallo n’a pas mâché ses mots.
« La presse guinéenne travaille dans le désordre« , a-t-il fustigé, avant d’enfoncer le clou, en mettant l’accent sur le contraste avec d’autres professions : « Les autres secteurs font de l’autorégulation. Vous prenez l’ordre des médecins… les avocats, ils ont leur ordre qui a la capacité et les attributions d’exclure un avocat. Pourtant, c’est une profession libérale. »
Il a même souligné l’organisation des conducteurs de mototaxis : « Je le constate puisque je circule à travers le pays, même les conducteurs de taxis motos se sont organisés. Ils portent leur gilet, vous les identifiez facilement et ils ont un ordre. Je dis bien, pas pour les mépriser ni pour minimiser leur activité. Mais pour dire qu’un chauffeur ou un conducteur mototaxi est suffisamment libre pour croire qu’il peut intégrer un corps. Mais la presse, c’est le désordre. »
« Si vous ne payez pas vos impôts, vous n’êtes pas une entreprise de presse »
Boubacar Yacine Diallo a également insisté sur la nécessité de structurer les entreprises de presse, rappelant les exigences légales : « Pour être une entreprise de presse, il faut déjà se faire enregistrer dans le registre du commerce. Il faut être quitte du quitus fiscal. »
Le chef de l’organe de régulation des médias a enfoncé le clou, en balayant les illusions : « Ceux qui croient qu’ils ont déjà des organes d’information, ils se trompent (…). Ce qui a manqué à la Guinée, on a souvent pris des lois, mais on n’a pas pris des textes d’application. Donc la loi, elle est générale. Alors que le texte d’application va dire les détails…Donc si vous n’êtes pas dans le registre du commerce, si vous ne payez pas vos impôts, vous n’êtes pas une entreprise de presse. »
Boubacar Yacine Diallo prévient que la date butoir pour la délivrance des cartes de presse pour les journalistes de l’intérieur du pays est fixée au 25 juillet 2025. Le message de la HAC est clair : l’ère de l’informel touche à sa fin pour la presse guinéenne.
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